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Monday, January 19, 2015

Quelques anniversaires en 2015 (1/2)

Prenons le temps, en ce début d'année, d'énumérer les anniversaires qui seront soulignés en 2015.

En 1615, Champlain remontait la Rivière des Outaouais pour la seconde fois, atteignant enfin le pays des Hurons où il passât un premier hiver.  N'ayant de toute évidence pas réussi à coordonner des célébrations d'ampleur en 2010, à l'occasion du 400e anniversaire du voyage d'Étienne Brûlé en sol proto-ontarien, c'est cette année que l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario et le Gouvernement de l'Ontario ont décidé de célébrer le 400e de la présence française en Ontario.  Choix discutable, mais bof.  Les détails de la programmation n'ont pas encore été annoncés, mais elle promet d'être abondante.  Sur le plan plus "savant", l’Institut franco-ontarien de l’Université Laurentienne de Sudbury organise un colloque interdisciplinaire sur le sens et les particularités de la présence française en Ontario ces 26-27 juin.  Le Center for French Colonial Studies alias Centre pour l'Étude du Pays des Illinois tiendra aussi son colloque annuel à Windsor les 23-25 octobre.  Notre ami blogueur, Joseph Gagné, a répertorié les meilleurs sites internet sur la thématique des racines franco-ontarienne.

Cette année marquera aussi le 400e anniversaire de l'arrivée des Récollets en Nouvelle-France et de la célébration par deux des leurs, Denys Jamet et Joseph Le Caron, d'une première messe sur l'île de Montréal, le 24 juin 1615.  Les Franciscains québécois souligneront l'arrivée de ces confrères par une série d'événements à Trois-Rivières, Québec et Montréal.  L'Institut du patrimoine culturel de l'Université Laval, en collaboration avec la Faculté des lettres et des sciences humaines, organisera un colloque scientifique multidisciplinaire sur le sujet les 11-13 juin 2015. 

À suivre : dans le prochain billet, le 350e de l'arrivée du Régiment de Carignan-Salières et des premiers chevaux au Canada.

P.-F.-X.

Wednesday, November 5, 2014

Le Rocket vs. Le Père de la Nouvelle-France

Le chroniqueur humoristico-sportif Olivier Niquet commente dans sa chronique dans Métro, offrant "Sept raisons pourquoi Maurice Richard est meilleur que Samuel de Champlain".  Elles sont tellement bonnes que je ne peux résister à la tentation de les recopier in extensio :

1. Samuel de Champlain n’a jamais joué pour Canadien.

2. Samuel de Champlain n’a pas compté cinq buts après avoir déménagé de Honfleur à Québec. Il n’en a même pas compté un.

3. Maurice Richard, en participant à l’insu de son plein gré à la révolution tranquille, a rénové un Québec bâti tout croche sur les bases de Samuel de Champlain.

4. Samuel de Champlain a peut-être fondé Québec, mais Maurice lui, il a coaché les Nordiques. Pendant deux matchs. Mais c’est deux matchs de plus que Champlain.

5. Samuel de Champlain a fait la guerre aux Iroquois pendant 14 ans. Maurice Richard a fait la guerre aux Blackhawks pendant 18 ans.

6. Samuel de Champlain n’a jamais été nommé gouverneur de la Nouvelle-France alors que Richard a été capitaine de Canadien.

7. Samuel de Champlain patinait sur la bottine (selon des sources).
 
 
Ha!  Merci, Olivier Niquet.

P.-F.-X.

 

Tuesday, November 4, 2014

A Bridge Too Far


A digital rendering of the as-of-yet-non-existant "Maurice
Richard" or "Champlain" bridge.  Image: Infrastructure Canada.

On November 1st, it was announced that the federal government would likely name the new bridge which will be built across the St. Lawrence River, linking the Island of Montreal to the south shore, in honour of hockey legend Maurice "Rocket" Richard. Fine.  Trouble is, though, that this bridge is set to replace another one which has borne the name of Samuel de Champlain since 1962. 

Let's be clear: federal spokespeople insist that the name has not been finalized yet.  Still...  The rumour that the new bridge might be given a name other than Champlain's had been circulating for the last two years or so.  Because this is a federal bridge, the choice of its name rests with the federal -- i.e. Harper Conservative -- government.  You would think that they might have thought long and hard about the thorny politics of naming, and taken good care to consult widely, but no.  That is not the governing party's style.  Neither historians, nor experts in toponymy, nor provicincial nor local politicians, nor the people were consulted.  The announcement earlier this week that the federal Minister of Transport, Denis Lebel, prefers the name "Maurice Richard" was accordingly met with generalized outrage.

Henri Dorion, who has long presided over the Commission de toponymie du Québec, put it well: "Donner le nom d'un ouvrage d'une telle importance à un joueur de hockey, je n'en reviens pas. C'est comme dire que Maurice Richard est aussi important que Champlain."  Political scientist Alain-G. Gagnon also summed it up neatly, saying that « le ministre Lebel opte pour le spectacle plutôt que la longue histoire ».  Historian Denis Vaugeois too offered a thoughtful analysis of the situation, noting that a lot of important place names have been lost and gained over the years, and that if a new name was truly necessary, "Maurice Richard reste le moins pire des choix".  But it's rather strange, he points out, that the federal government seems to remember the Rocket's abundant goals, and not so much the massive rioting that was provoked by the intersection of his fame with tensions across the linguistic divide in 1950s Montreal. 

The governing Parti libéral du Québec tried to wash its hands of the whole affair at first, saying that the choice of name was up to the federal government, but now seems to have come around to condemning the imprudence of the likely choice.  Philippe Couillard, the provincial premier, deplored quite rightly that "Ce qui est regrettable dans cette polémique, c’est qu’on met en opposition un peu artificielle deux personnages importants pour des raisons différentes".

François Hollande, the president of France, who happens to be touring Canada this week, has meanwhile been alluding to Champlain in his speeches, but has not dared to enter the fray. 

My favourite comment though was by a commenter who wrote in to La Presse, joking that Americans have not yet thought it wise to rename Lake Champlain "Babe Ruth Lake".  Indeed. 

For a taste of the media storm, just type "Pont Champlain" or "Champlain Bridge" in GoogleNews and hang on tight.

Given the strength of the opposition and the federal's insistence that no official decision has been made yet, I expect that the old name will be retained for the new project.  Soon all of this will be... water under the Champlain bridge.  Groan.

P.-F.-X.

Saturday, February 1, 2014

Great Explorers

Champlain, as imagined for Canada's History by the artist Robert Carter
(http://www.crackedhat.com/).  Credit: Canada's History.
Canada's History -- formerly The Beaver -- asked a couple of issues ago: Who is Canada’s Greatest Explorer?  Five experts were invited to champion the person they think should rank as Canada’s greatest explorer.  The finalists included Samuel de Champlain and David Thompson, Alexander Mackenzie, as well as less known figures such as Robert Bylot (a contemporary of Champlain) and Jane Franklin (widow of the ill-fated ninetheenth century explorer, whose efforts to orchestrate his search apparently qualifies her as a great explorer).  The latter two candidates were dubious contenders, but the magazine can be applauded for having found a way to bring these little known historical figure to the attention of the public.

The votes are in, and the winner is... David Thompson.  Allow me to point out, though, that by my count he wins with 35% of the popular vote, a mere 5% more than Champlain, who earned an honest 30%.  In the world of greatest-explorer-polls, that counts as a photo finish.  Should the devotees of New France demand a recount?  ;-)

P.-F.-X.
 

Tuesday, September 24, 2013

Champlain en Anishinabe Aki

Un colloque intitulé "Champlain dans l'Anishinabe Aki: Histoires et mémoires d’une rencontre" s'est tenu à l'Université Carleton jeudi et vendredi passés, les 19 et 20 septembre.  Cet événement réunissait une gamme d'intervenants patrimoniaux -- chercheurs universitaires, mais aussi fonctionnaires, éducateurs, artistes et activistes de toutes sortes -- à l'occasion du 400e anniversaire du premier voyage de Samuel de Champlain en terre algonquine (l'Anishinabe Aki du titre).  L'objectif n'était pas de célébrer, mais bien de réfléchir sur la place du célèbre explorateur et de ses interlocuteurs dans la mémoire collective.

File:Statue Champlain Ottawa.jpg

Une bonne demi-douzaine de participants ont avec beaucoup d'entrain "gazouillé" (ou, en bon franglais, "tweeté") l'événement.  Les intéressés pourront goûter au colloque via le récapitulatif des échanges qui se sont fait sous la rubrique #cuchamplain : jour un, jour deux.  Le site web du colloque n'est pas sans intérêt pour ceux qui voudraient se faire une idée de l'abondance des initiatives qui ont eu lieu cette année sur les rives québécoise et ontarienne de la Rivière des Outaouais autour du 400e.

P.-F.-X.

Friday, August 9, 2013

News on the Astrolabe?

I wish that there were more Randy Boswells around.  There is far too little historical content in the mainstream Canadian media.  Boswell's latest is a piece entitled "Discovery of 19th century document sheds light on the unearthing of astrolabe reportedly used by Samuel de Champlain", which reports on Carleton University professor Bruce Elliott’s discovery of an 1893 journal penned by steamship captain Daniel Cowley.  This journal, which has been since May on exhibit at the Pinhey's Point museum just west of Ottawa, sheds a little light on the circumstances in which the astrolabe was discovered.  “It was in my desk on the steamer for some months afterwards,” Cowley writes. 

Readers should be advised, though, that Boswell and his editors somewhat overstate the extent to which the document tells us something new about whether or not the object ever belonged to Champlain.  And the article glosses over the fact that Prof. Elliott has had the journal in his possession for over a decade, if my memory serves me.  It seems to me that this places the excitement over a "discovery" in the realm of journalistic hyperbole.  Still, this is a good excuse to get the public to think about the looming figure and about an object that has taken on iconic proportions in the historical consciousness of Canadians.   

P.-F.-X.

Monday, July 29, 2013

Champlain Day?

In an opinion piece published today in the Globe and Mail, historian Charlotte Gray proposes that the August statutory holiday celebrated in most Canadian provinces and known most commonly as the Civic Holiday be renamed Champlain Day.  Part of me feels like punching holes through her glib arguments, but part of me thinks: Why the hell not?  Champlain is, no question, one of the most endearing figures of French colonial / Early Canadian history.

Gray doesn't allude to it, but as it happens there is a whole lot of Champlain-related stuff going on this Civic Holiday... uhm, I mean Champlain Day, Monday, August 5th, at the Canadian Museum of Civilization in Gatineau.  Canoeists who have been retracing part of the explorer's journey along the Ottawa River as part of the fundraising "Défi Champlain" will be landing there through the afternoon.  The Museum, in collaboration with the Réseau du patrimoine gatinois, and the Kitigan Zibi Anishinabeg Nation, will meanwhile be holding a day of dance, music and traditional knowledge demonstrations.  As this coincides neatly with Quebec's "Mois de l'archéologie", museum curators Jean-Luc Pilon and Yves Monette will also give talks on the archeological evidence of the French and Algonquin presence along the St. Lawrence and Ottawa Rivers.  The irony here is that August 5th is not a holiday in Quebec...

P.-F.-X.

 

Wednesday, December 19, 2012

Champlain, Champlain, toujours Champlain

Le Bulletin du mois de décembre de la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire contient un article de l'historien Éric Thierry qui remet en question la découverte présumée, au mois d'avril de cette année, de l'acte de naissance de Samuel de Champlain dans les registres du temple protestant de Saint-Yon (La Rochelle). 

À ce rythme-ci, je crains devoir tôt ou tard renommer ce blogue "Champlain"!  Le Père de la Nouvelle-France a, manifestement, un excellent agent publicitaire.

P.-F.-X.

Wednesday, December 12, 2012

L'image de Champlain

Samuel de Champlain était à l'honneur en Acadie en 2004 et à Québec en 2008.  En 2013, ce sera au tour des deux rives de la Rivière des Outaouais de commémorer l'explorateur.  L'année 2013 marquera en effet le 400e anniversaire de sa remontée de la Rivière des Outaouais.  Soit dit en passant, cette année marquera aussi l'anniversaire de la fondation du Séminaire de Québec, tel que souligné dans un billet antérieur, mais aussi du Traité d'Utrecht, de la fondation de Louisbourg, du Traité de Paris et de la Proclamation royale.  De quoi alimenter plus d'un billet chez Charlevoix.

En tout cas, l'artiste Jérémie Giles, auteur d'une sculpture de bronze de Champlain inaugurée à Gatineau il y a quatre ans, profite de l'occasion pour faire paraître quelques mots sur l'image de l'explorateur dans les pages du quotidien Le Droit.  La perspective de l'artiste est intéressante, mais son interprétation de "l'affaire de l'astrolabe" de l'autre statue de Champlain, celle de la Pointe Nepean, est sans fondements.

P.-F.-X.

Wednesday, November 14, 2012

N'oubliez pas votre passeport et votre Père de la Nouvelle-France!

Au Canada, l'heure est à la redéfinition des symboles nationaux.  Sur le nouveau billet de vingt dollars, le chef d'oeuvre du sculpteur autochtone Bill Reid, "The Spirit of Haida Gwaii", est supplanté par le monument de Vimy.  Une citation de l'auteure franco-manitobaine Gabrielle Roy -- "Nous connaîtrions-nous seulement un peu nous-mêmes sans les arts?" -- disparait en même temps.  Force est de constater que le gouvernement actuel répond par la négative à cette sublime question: la connaissance du soi canadien ne passerait non plus par les arts, mais plutôt par l'histoire.  Ou, plus précisément, par une vision bien bornée de l'histoire.

La Nouvelle-France, chers lecteurs, n'est jamais loin.  À compter du 1 juillet 2013, tous les nouveaux passeports canadiens seront dotés d'une puce électronique.  Ils arboreront par ailleurs une série d'images qui "mettent en valeur le patrimoine canadien et le façonnement de notre grande nation."  Inukshuk et plume d'aigle, Pères de la Confédération de Robert Harris, Donald Smith martelant le dernier crampon, j'en passe... et, en pages 6 et 7, "Samuel de Champlain, père de la Nouvelle-France".

Photo: Passeport Canada.
Le site web de Passeport Canada justifie ce choix en reprenant la conclusion du Dictionnaire biographique du Canada, "on doit saluer en lui le fondateur du Canada".  On pourrait en débattre, mais soit.  Il me semble en tout cas que le choix de l'iconographie ne fait pas justice à l'évolution de la connaissance historique et qu'il témoigne, en même temps, de l'absence d'esprit critique qui se cache derrière cette volonté de faire connaître les grandes figures et les grands moments de l'histoire.  En effet, la représentation de Champlain qu'on a retenue ici -- une sculpture de Hamilton MacCarthy, installée en 1915 à la pointe Nepean à Ottawa -- représente une regrettable concession à l'imaginaire et à l'ignorance du début du XXe siècle.  Lorsqu'on cherche à tirer une leçon d'histoire d'une oeuvre d'art, il faut faire gare aux écueils.  Or, ce Champlain-ci n'est peut-être pas le pilote idéal s'il s'agit d'arriver à bon port : vêtu comme s'il venait de sauter de la page d'un roman de cape et d'épée, le pauvre homme tient son astrolabe à l'envers!  MacCarthy était plutôt mal informé.

Ce ne sont là que des détails, vous me direz.  Je vous répondrais en empruntant une belle expression aux Anglais: le diable se cache dans les détails.  Dans les détails et, je renchérirais, dans les absences: sur cette page, quel élément évoque la rencontre des populations autochtones qui rendit possible l'implantation française en Amérique et qui détermina ses contours?  Célébrer "Samuel de Champlain, père de la Nouvelle-France", c'est rater une belle occasion de souligner ce sur quoi les historiens mettent l'accent depuis quelques décennies : que la Nouvelle-France fut une entité aux multiples géniteurs.

P.-F.-X.