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Tuesday, March 17, 2015

Encore quelques anniversaires- 3/3

Bon, voici la troisième et dernière partie de la série, pour tenter d'en finir avec les anniversaires attendus en 2015.  Ayant cité les plus importants dans les deux dernier billets, j'en suis aux miettes, que je vous offre plus ou moins pêle-mêle.

À Chambly, on soulignera avec fierté le 350e de la fondation, en 1665, notamment par une série de présentations et par le lancement d'un livre d'art.  Il s'agit aussi du 300e anniversaire de la fondation de Port-Toulouse sur l'Île Royale, aujourd'hui St. Peter's, Cap Breton, et de la reconstruction du Fort Michilimackinac (1715), mais je n'ai pas retrouvé d'indications que l'on compte marquer l'un ou l'autre de ces tricentenaires.  Le 450e du sac du Fort Caroline par les Espagnols, en 1565?  Pas certain qu'il ne soit commémoré non plus.  Idem pour le 350e anniversaire du premier recensement du Canada.  Vu les entorses qui ont été faites recensement ces dernières années, je doute que Statistiques Canada ait le courage de marquer la remarquable initiative de Jean Talon de 1665.

Il n'est pas sans intérêt d'observer que cette année correspond aussi au 500e anniversaire du sacre de François Ier (1515) et au 300e de la mort de Louis XIV et du début de la Régence (1715), anniversaires qui auront vraisemblablement peu de retentissement en sol nord-américain malgré l'influence de ces monarques sur le projet colonial, mais qui seront marqués en France.  La région du Val de Loire, qui abrite le célèbre château de Chambord, a prévu toute une programmation François Ier; le Château de Versailles en fait de même pour Louis XIV.  Les rois sonts morts, vive les rois.

P.-F.-X.

Monday, January 26, 2015

A Few Anniversaries in 2015 - 2/3

Following up on our previous post (here if you missed it), here is the second installment of what is turning out to be a three-parter on anniversaries and commemorations that we can look forward to this year.


Carving Out a Nation - Illustration: Soldat du régiment de Carignan-Salières © Francis Back
Poster of the Château Ramezay's exhibition.
This year marks a couple of important 350ths.  The one which is likely to get the most attention is of the arrival at Québec of the Régiment de Carignan-Salières (1665).  The Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire commun aka. CFQLMC and the Musée du Château Ramezay launched their joint program last November.  This includes an exhibition at the Château Ramezay, and a book by Michel Langlois and Marcel Fournier on the regiment's soldiers.  Through the year, other events will take place in Quebec and France, namely at La Rochelle and Poitiers, most of these with a genealogical bent.  Check out the chock-full programme here.  It will be interesting to see how these events address this history , centred as it was on the colonial will to destroy the Iroquois, in this age of #IdleNoMore.

King Louis XIV sent not only soldiers to New France that year, but also horses.  For there had been none before.  Only twelve horses out of twenty survived that first trip.  Joined by a couple of other contingents, these horses quickly multiplied and gave rise to the hardy Canadian breed that, after near-extinction in the late 19th century has been the subject of much love over the last century.  In 1909 the Canadian Parliament declared it to be the country's national breed; Quebec did the same for the province in 2010. 

The Canadian Horse Heritage and Preservation Society hopes that this year may be remembered as "the year of the Canadian Horse".  The CFQLMC turns out to be the most ethusiastic promoter of the cause, this time in partnership with another Montreal museum, the Maison Saint-Gabriel.  They launched the commemorative year on January 19th, with the unveiling of  a plaque.  Horse and history lovers, at least those who live in and around Montreal, have an abundance of events to look forward to.  The Canadian Mint has also issued a commemorative silver coin, rather poorly composed if you ask me, celebrating the horse.  Coin design isn't what it used to be.

L'arrivée à la ferme de la Maison Saint-Gabriel : de g. à d, Benoit Dorais, maire de l'arrondissement du Sud-Ouest, et Denis Coderre tenant la bride de ce « petit cheval de fer ».
A Canadian Horse and Denis Coderre, Mayor of Montréal,
at Maison Saint-Gabriel on January 19th.  Photo: CFQLMC.

A few more anniversaries to come in Part III. 

P.-F.-X.

Monday, January 19, 2015

Quelques anniversaires en 2015 (1/2)

Prenons le temps, en ce début d'année, d'énumérer les anniversaires qui seront soulignés en 2015.

En 1615, Champlain remontait la Rivière des Outaouais pour la seconde fois, atteignant enfin le pays des Hurons où il passât un premier hiver.  N'ayant de toute évidence pas réussi à coordonner des célébrations d'ampleur en 2010, à l'occasion du 400e anniversaire du voyage d'Étienne Brûlé en sol proto-ontarien, c'est cette année que l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario et le Gouvernement de l'Ontario ont décidé de célébrer le 400e de la présence française en Ontario.  Choix discutable, mais bof.  Les détails de la programmation n'ont pas encore été annoncés, mais elle promet d'être abondante.  Sur le plan plus "savant", l’Institut franco-ontarien de l’Université Laurentienne de Sudbury organise un colloque interdisciplinaire sur le sens et les particularités de la présence française en Ontario ces 26-27 juin.  Le Center for French Colonial Studies alias Centre pour l'Étude du Pays des Illinois tiendra aussi son colloque annuel à Windsor les 23-25 octobre.  Notre ami blogueur, Joseph Gagné, a répertorié les meilleurs sites internet sur la thématique des racines franco-ontarienne.

Cette année marquera aussi le 400e anniversaire de l'arrivée des Récollets en Nouvelle-France et de la célébration par deux des leurs, Denys Jamet et Joseph Le Caron, d'une première messe sur l'île de Montréal, le 24 juin 1615.  Les Franciscains québécois souligneront l'arrivée de ces confrères par une série d'événements à Trois-Rivières, Québec et Montréal.  L'Institut du patrimoine culturel de l'Université Laval, en collaboration avec la Faculté des lettres et des sciences humaines, organisera un colloque scientifique multidisciplinaire sur le sujet les 11-13 juin 2015. 

À suivre : dans le prochain billet, le 350e de l'arrivée du Régiment de Carignan-Salières et des premiers chevaux au Canada.

P.-F.-X.

Saturday, October 4, 2014

Early Fall Varia

In an op-ed for Le Devoir, Michel Morin took up the challenge posed by Christian Néron's crazy denial of the Treaty of Paris, to which I alluded in an earlier post.  Morin, a law prof at Université de Montréal, demonstrates how this treaty was perfectly in accordance with international law.  That settles that, then.

On September 14, a solemn mass was held at the Cathedral-Basilica of Notre-Dame de Québec to commemorate its 350th anniversary.  Pope Francis had New France on the mind, naming an envoy to preside over the mass and issuing a statement about the significance of the event, urging this envoy to "sweetly exhort the priests and faithful present there to follow Christ with perseverance and to venerate His Mother piously, as was the custom in these rather large regions."  Sweet, sweet exhortations.

In early September, CBC News - Nova Scotia published a story on Troilus de Mesgouez's failed attempt at settling Sable Island in 1598.  Another ill-fated, short-lived sixteenth-century settlement is the subject of an ongoing controversy.  Its precise location has never been clearly identified. Archaeologists have long thought that René Goulaine de Laudonnière's Fort Caroline of 1564-1565 was located on the banks of the St. Johns River in Jacksonville, Florida -- there's a "Fort Caroline National Memorial" there.  Maybe it wasn't. The issue was stirred anew back in February when someone made a presentation during a conference at Florida State University claiming that the colony was actually far to the north, in Georgia.  This and other theories were debated by two groups of scholars at the University of North Florida a few weeks ago (see here, and here).  Fight, fight, fight!

What else?  The Ganondagan site, which interprets Seneca history near Rochester, NY, held a reenactment of Cavelier de La Salle's visit in 1669.  Down au Pays des Illinois, there is a project afoot to expand the Bolduc House Museum in Ste. Genevieve, Missouri, into an "expanded and rebranded tourist destination", a complex to be called "New France ... The Other Colonial America."  Neato.  In fair Belleville, Ontario, there is meanwhile a plan for a monument to commemorate to the 400th anniversay of Champlain's visit. 

That's all for now.

PS: dear readers, thank you for your patience while we fiddle around with our look.  It was time to get rid of the old Blogger template background.  But damn it, Jim, Charlevoix is an historian, not a damn graphic designer or web developer.

P.-F.-X.

Sunday, September 28, 2014

Rameau

Rameau par Carmontelle, 1760.
Photo: Musée Condé.
Cette semaine, quand vous aurez un instant à vous, prenez-donc le temps d'écouter Les Sauvages de Jean-Philippe Rameau (1683-1764).  C'est, cette année, le 250e anniversaire du décès du compositeur, dont l'œuvre marque l'apogée du classicisme français.  Le Centre de musique baroque de Versailles coordonne d'ailleurs une programmation chargée en l'honneur de "l'année Rameau".
 
Si Rameau mérite de figurer dans les petits papiers de ce blogue, c'est en raison de ses Sauvages.  Il compose un premier rondeau sous ce nom en 1725 afin d'accompagner une démonstration de danse exécutée par des diplomates autochtones venus de Haute-Louisiane à Paris.  Rameau en reprend ensuite la partition dans un recueil de pièces pour clavecin en 1728, puis dans un Ballet réduit à quatre grands concerts en 1735.  Il adapte enfin les Sauvages en l'intégrant l'année suivante aux Indes galantes, son plus célèbre opéra-ballet. 

Les Indes galantes relatent des aventures amoureuses dans plusieurs contrées exotiques : en Turquie, dans l'empire inca, en Perse et -- dans le cas de la quatrième entrée, ou acte, qui correspond aux Sauvages -- chez les autochtones de l'Amérique du Nord.  L’intrigue ténue des Indes galantes sert surtout de prétexte pour présenter des danses, des costumes somptueux, des décors et des machineries inusitées.  Entendons-nous qu'il s'agit de "bons sauvages" stéréotypés ayant fort peu de chose à voir avec les autochtones de l'époque.  Chantent ainsi les deux protagonistes, Zima et Adario :
 
Forêts paisibles, forêts paisibles,
Jamais un vain désir ne trouble ici nos cœurs.
 
P.-F.-X.

Monday, May 12, 2014

Le Traité de Paris à Québec

Le Musée de la civilisation de Québec espérait faire venir le Traité de Paris l'an passé, à l'occasion de son 350e anniversaire, mais les négociations ont été plus ardues que prévu.  Un accord de principe semble enfin avoir été conclu.  Ce trésor sortira pour la première fois des réserves du ministère des Affaires étrangères de France... mais pas pour longtemps.  Le MCQ ne prévoit en effet l'exposer que pendant une dizaine de jours, à la fin du mois de septembre, et limiter le nombre de visiteurs à un millier au plus (?).  On avait aussi envisagé d’exposer le traité à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec à Montréal, mais ce projet a été abandonné en raison des défis de conservation.

Le détails dans Le Soleil et Le Devoir.

P.-F.-X.

Sunday, February 16, 2014

STL 250

J'ai de toute évidence négligé, en faisant le décompte des anniversaires qui seront célébrés en 2014, de mentionner le 250e de la fondation de St. Louis (Saint-Louis), Missouri.  Oups!
 
À l'été 1763, le gouverneur de la Louisiane, Jean-Jacques Blaise d'Abbadie, attribuait au marchand nouvel-orléanais Gilbert-Antoine de Saint-Maxent le monopole du commerce dans le haut de la colonie.  La nouvelle que la France venait de céder l'est du Mississippi à la Grande-Bretagne, suivant les termes du Traité de Paris, donnait encore plus d'importance au projet puisque les établissements clefs de la Haute-Louisiane, alias Pays des Illinois, se trouvaient sur cette rive.  Pierre Laclède et son beau-fils, René Auguste Chouteau, furent dépêchés avec une vingtaine d'hommes dans la région pour établir un nouveau centre, sur la rive ouest.  Ils identifièrent un site propice à la fourche du Mississippi et du Missouri, puis y entamèrent les travaux de construction le 15 février 1764. 
 
Laclède donna le nom de Saint-Louis à l'établissement qui, bientôt, attira plusieurs familles françaises de Cahokia et du Fort de Chartres, sur la rive est du fleuve, qui cherchaient à fuir l'autorité de leurs nouveaux maîtres britanniques.  En 1765, Saint-Louis devint officiellement le siège administratif de la Haute-Louisiane, territoire désormais espagnol : l'année précédente, il avait été révélé que la Louisiane à l'ouest du Mississippi avait été cédée à l'Espagne suivant les termes du traité secret de Fontainebleau de 1762.  Territoire espagnol en théorie, car ce n'est qu'en 1770 que le commandant français de Saint-Louis fut remplacé par un officier espagnol.  La population des lieux conservera pour près d'un siècle par après son noyau français, dont les descendants portent encore fièrement l'héritage aujourd'hui. 

Reenactment of the Founding of St. Louis
À l'hôtel de ville de St. Louis: le jeune René Auguste Chouteau incarné;
en arrière-plan, quelques drapeaux et un Osage.  Photo: St. Louis Today.
 
L'année de commémoration et de célébration a été lancée hier, le 15 février, jour anniversaire de la fondation, avec une reconstitution théâtrale dans le hall d'entrée de l'hôtel de ville de St. Louis.  On a annoncé une initiative intéressante: de nouveaux panneaux d'affichage vont venir rappeler les noms de rue d'origine dans le centre-ville.  Une autre reconstitution, prévue à l'extérieur sur les parterres de l'Arche monumentale qui sert d'icône à la ville, a été moins fréquentée en raison du mauvais temps.  St. Louis Today rapporte tout cela.  Le programme des festivités, au site www.stl250.org, annonce quelques autres manifestations historiques.

P.-F.-X.

Sunday, January 5, 2014

Commemorations in 2014?

Here at Charlevoix, we like to don
little party hats and talk about history.
While the hundredth anniversary of the start of the First World War is sure to make this as busy a year as any on the commemorative front, occasions to insist on key moments in the history and heritage of New France will not be as numerous as in 2013. 

This year will  mark the 400th anniversary of the reoccupation of Port Royal (1614) a year after its destruction by Samuel Argall -- but I wouldn't be surprised if this goes unnoticed, like the anniversary of the destruction did this year.

On the other hand, two other foundations are sure to be celebrated.  In Quebec City, the 350th of the foundation of the parish of Notre-Dame de Québec (1664) will be remembered with decorous fanfare among the faithful.

Over in Natchitoches, Louisiana, there will some partying around the 300th anniversary of the community's foundation (1714) by Louis Juchereau de Saint-Denis.  The Fort des Natchitoches was the first  permanent colonial settlement in what would become the modern-day state of Louisiana (Mobile and Biloxi having ended up in Alabama and Mississippi, respectively, and New Orleans being beat by four years).

A couple of notable deaths and birth occurred in 1714, and ought accordingly to attract a little attention: Jeanne Le Ber, Montreal's first religious recluse, and the Acadian privateer Pierre Maisonnat dit Baptiste, an eternal thorn in the side of the New Englanders, both passed away that year; western explorer Pierre Gaultier de La Vérendrye meanwhile came into the world.

And what about 250th anniversaries?  While 1764 brings us beyond the confines of New France, one might point out that the eighteenth months allowed by the Treaty of Paris to Canadians wishing to leave the now-British colony came to an end in August of that year.  Exiled Acadians, meanwhile, were finally allowed to return to their former homes in Nova Scotia.  This was also the year of the negotiation of the Treaty of Fort Niagara.  Oh, and for the first time a newspaper was published in the former French colony : the Quebec Gazette / Gazette de Québec was published (I suppose that Charlevoix, as a bilingual blog, owes something to the first bilingual media outlet in Canada).

Look forward to more on these topics, and several others, in the New Year.

P.-F.-X.

Tuesday, December 31, 2013

Deux anniversaires ratés? Argall et Raynal

Revivra-t-on de sitôt une année aussi chargée sur le plan commémoratif que celle qui aujourd'hui se termine?  Remontée de la Rivière des Outaouais par Champlain (1613); fondation du Conseil Souverain et du Séminaire de Québec, arrivée des premières Filles du Roi (1663); Traité d'Utrecht (1713); Traité de Paris, Proclamation royale et Guerre de Pontiac (1763). 
 
Avant de tourner la page sur 2013, pourquoi ne pas prendre l'occasion de réfléchir aux quelques anniversaires qui seraient passés inaperçus?  Il me semble y en avoir au moins deux, qui s'adonnent à finir en -al.

Le 400e du sac de l'Acadie par Samuel Argall

Vers 1610 les Anglais prennent connaissance de l'entreprise coloniale française en Amérique du nord... dans des territoires qui avaient, en principe, été concédés par James I à la Virginia Company of London!  En vertu de l’autorité qui lui avait été conférée par ce roi, l'assemblée de la Virgnie nomma  le capitaine Samuel Argall amiral à l'été 1611.  S'étant formé au métier des armes dans les guerres des Pays-Bas, ce dernier s'était plus récemment tourné vers la lucrative pêche des Terres-Neuves.

Argall fut ainsi chargé par le gouvernement de la Virginie d'expulser les Français de tout le territoire revendiqué par l’Angleterre.  Voguant à bord du Treasurer, il atteignit les établissements d'Acadie en juillet 1613.  L'Acadie française, comme elle se révélera l'être maintes fois par la suite, était éminemment vulnérable.  Les Français y étaient peux nombreux, par surcroît divisés par une querelle qui opposait le commandant Charles de Biencourt aux Jésuites Biard et Massé, et affairés à l'érection d'une nouvelle habitation dénommée Saint-Sauveur (sur l'actuelle Mount Desert Island non loin de Bar Harbor, au Maine).  Argall s'en prit d'abord à cet établissement.  Puisque la majorité des Français avaient mis pied à terre pour les travaux, leurs vaisseaux furent aisément capturés; puisqu'ils n'avaient pas encore fortifié les lieux, ils ne purent s'opposer au débarquement de leurs adversaires.  De Saint-Sauveur, Argall se rendit à Sainte-Croix, où il détruisit et pilla les restes de la vieille habitation.  Puis, ce fut au tour du chef-lieu de Port Royal, qu'il fit raser -- seul le moulin et quelques dépendances isolées furent épargnées.

La flotte d'Argall quitta Port-Royal le 13 novembre 1613.  Lors du retour de l'amiral en Angleterre l'année suivante, la légitimité de sa campagne contre les établissements français d'Acadie fit l'objet d'une enquête qui se solda par son exonération et par la réaffirmation des droits de la Virginia Company.  En dépit des révendications anglaises, et en partie à cause d'elles, l'entreprise française persistera cependant encore longtemps en Acadie.

Trop occupés cette année à réfléchir à l'ultime chapitre du conflit franco-britannique en Amérique, n'a-t-on pas raté une belle occasion de se pencher sur l'une de ses premières expressions?

Le 300e de la naissance de Raynal

Un autre anniversaire?  Pourquoi pas celui de la naissance d'un des premiers historiens de la colonisation française : Guillaume Thomas Raynal?  Celui que l'on connaît mieux sous le nom de l'abbé Raynal naquit le 12 avril 1713 à Lapanouse en Aveyron.  Formé chez les Jésuites, puis ordonné prêtre, il servit de précepteur à des fils de grandes familles parisiennes et devint habitué des salons.  Collaborateur de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, il dirigea un certain temps le Mercure de France, et publia quelques ouvrages historiques avant d'entreprendre son magnum opus.  Cette Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes deviendra un succès de librairie, un véritable "best-seller" des Lumières.  La première édition paraît à Amsterdam sous l'anonymat en 1770; la seconde en 1774, toujours sous l'anonymat, mais arborant le portrait de l'auteur; une troisième, clairement attribuée cette fois, paraît en 1780.  (À vrai dire, Raynal avait eu quelques collaborateurs, dont Diderot.)

L'ouvrage, fort critique sur le plan politique, social et moral, est interdit par le Conseil du Roi, condamné par le Parlement de Paris et la Sorbonne, et mis à l'Index.  Son auteur sera un certain temps proscrit, mais il sera surtout adulé.  Dans le survol de la colonisation européenne qu'est l'Histoire des deux Indes, la Nouvelle-France et le Canada depuis la Conquête occupent une place singulière.  La description du Canada, depuis sa découverte, les étapes de sa colonisation, les cadres de vie des Canadiens, y tiennent en effet une longueur exceptionnelle, trois des dix-neuf chapitres si je ne m'abuse.  Son influence se fera sentir.  F.-X. Garneau fit abondamment usage de l'Histoire des deux Indes.  De même les poètes et les historiens et de l'Acadie -- l'image que Longfellow et bien d'autres nous ont faite des Acadiens d'avant la deportation, comme vivant paisiblement et en parfaite harmonie avec la nature, c'est du Raynal tout craché! 

Raynal diffusa par ailleurs l'idée selon laquelle la France possédait, malgré la perte du Canada, des colonies en nombre suffisant.  En cet anniversaire des Traités de Paris de 1763 et 1783, pourquoi ne pas lui reconnaître une part de responsabilité (attention: je ne dis pas blâme) dans l'abandon définitif du Canada? 

Le tricentenaire Raynal a été marqué par certains en France, mais est a ma connaissance passé parfaitement inaperçu de ce côté de l'Atlantique.  Ceux qui voudraient en savoir plus long sur le pendant nord-américain de la pensée et de l'oeuvre de Raynal peuvent toutefois feuilleter le texte d'une intervention de Gilles Bancarel dans les actes du colloque du Congrès national des sociétés historiques et scientifiques tenu à Québec en 2008.  Les obsédés pourront ensuite se tourner vers l'historien français Émile Salone, qui publiait déjà en 1906 une étude intitulée Guillaume Raynal, Historien du Canada (il s'agissait d'une thèse complémentaire à la thèse principale, La colonisation de la Nouvelle-France, soumise pour l'obtention de son doctorat).

Ais-je manqué d'autres anniversaires?  Quoi qu'il en soit, on se revoit en 2014?

P.-F.-X.
 

Monday, November 18, 2013

Colloque: Paris 1763, Paris 1783

Vous souvenez-vous de la table ronde organisée autour de l'anniversaire du Traité de Paris, au mois de janvier, au Musée Pointe-à-Callière?  Un second événement s'annonce de l'autre côté de l'Atlantique.  La section France de la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs organise un colloque à Paris, cette semaine, sur le traité et ses suites. 

P.-F.-X.

 

Sunday, October 6, 2013

The Royal Proclamation at 250



October 7th marks the 250th anniversary of the Royal Proclamation of 1763.  Some readers may recall the worries, expressed earlier this year, that the anniversary would go by unnoticed.  While the Canadian Government has not deigned to make any commemorative effort, other parties have thankfully stepped up to the plate.  Quite a few of them, actually.

Over at Active History, a splendid series of short essays introduced by Tom Peace looks at the Proclamation from various angles.  In Winnipeg the anniversary was marked by four days of lectures and activities organised by the University of Winnipeg, the University of Manitoba, and several other partners.  A related lecture was given at the University of Winnipeg.  A round-table was held in Boston.  The Union of Ontario Indians will be holding a ceremony and launching a publication.  Thomas Mulcair, leader of the Opposition, hosted a commemorative event with Aboriginal leaders at his residence on the eve of the anniversary.  The Land Claims Coalition is holding a day-long symposium on the subject at the Canadian Museum of Civilization.  The CMC will have a copy of the document on display for a month or so.  The Assembly of First Nations is hosting a morning press conference (and Shawn Atleo, its head, has been giving interviews on the subject). 

Actually, saying that Candian Government has not deigned to make any effort is not entirely fair, for  Aboriginal and Northern Affairs Canada is involved in a few of these events.  It was a partner of the events held in Winnipeg, for instance, and Minister Bernard Valcour minister will be attending the Land Claims Coalition symposium.  But its involvement appears to have been entirely reactive.

Oh, and by the way, Idle No More activists have planned a global day of action (#Oct7Proclaim).

P.-F.-X.

Tuesday, September 24, 2013

Champlain en Anishinabe Aki

Un colloque intitulé "Champlain dans l'Anishinabe Aki: Histoires et mémoires d’une rencontre" s'est tenu à l'Université Carleton jeudi et vendredi passés, les 19 et 20 septembre.  Cet événement réunissait une gamme d'intervenants patrimoniaux -- chercheurs universitaires, mais aussi fonctionnaires, éducateurs, artistes et activistes de toutes sortes -- à l'occasion du 400e anniversaire du premier voyage de Samuel de Champlain en terre algonquine (l'Anishinabe Aki du titre).  L'objectif n'était pas de célébrer, mais bien de réfléchir sur la place du célèbre explorateur et de ses interlocuteurs dans la mémoire collective.

File:Statue Champlain Ottawa.jpg

Une bonne demi-douzaine de participants ont avec beaucoup d'entrain "gazouillé" (ou, en bon franglais, "tweeté") l'événement.  Les intéressés pourront goûter au colloque via le récapitulatif des échanges qui se sont fait sous la rubrique #cuchamplain : jour un, jour deux.  Le site web du colloque n'est pas sans intérêt pour ceux qui voudraient se faire une idée de l'abondance des initiatives qui ont eu lieu cette année sur les rives québécoise et ontarienne de la Rivière des Outaouais autour du 400e.

P.-F.-X.

Saturday, September 7, 2013

Billet #100

L'année 2013 marque une foule d'anniversaires, comme je l'ai souligné à maintes reprises: 400e du voyage de Champlain sur la Rivière des Outaouais, 350e de l'arrivée des Filles du Roi et de la fondation du Séminaire de Québec, 300e du Traité d'Utrecht et de la fondation de Louisbourg, 275e du Fort Rouge, 250e du Traité de Paris et de la Proclamation Royale.  Pourquoi ne pas ajouter à la liste encore un anniversaire?  Le blogue Charlevoix, lancé le 31 août 2012, atteignait sa première année d'existence il y a une semaine; ceci en est le centième billet.

Merci aux fidèles lecteurs et lectrices, ainsi qu'aux blogueurs, facebookeurs et tweeteurs qui ont pris l'aimable habitude de nous citer de temps en temps.

P.-F.-X.

Friday, August 30, 2013

Remember the Royal Proclamation?

Some readers may remember indignant calls earlier this year for a commemoration of the Royal Proclamation of 1763 (see here, here and here).  While the Canadian government remains disappointingly inactive on this front, at least one event is planned.  The Land Claims Agreements Coalition, which regroups the modern treaty organizations in this country, will be holding a one-day symposium entitled "Creating Canada: From the Royal Proclamation to Modern Treaties" on October 7th at the Canadian Museum of Civilization.  The draft program is very compelling, and includes historians (Colin Calloway and Jim Miller), legal scholars (Brian Slattery, to name but one), and politicians (Matthew Coon Come and Bernard Valcourt, Minister of Aboriginal Affairs, etc.).

The announcement for the symposium notes that an original copy of the Proclamation will be on display onsite.  Presumably the Canadian Museum of Civilization will have it on display for some time, more than one day.  So why doesn't the museum advertise this more widely?  You'd think they'd put a bit of weight behind this foundational document, and try to whip up some well-deserved interest among the public.

P.-F.-X.

Tuesday, April 23, 2013

La Corriveau

Il y a 250 ans de cela, la dépouille de Marie-Josèphte Corriveau alias La Corriveau balançait au gré du vent, exposée dans une cage de fer à la Pointe-Levy.  Le 15 avril 1763, une cour martiale britannique l'avait reconnue coupable du meurtre de son mari, Louis Dodier.  Elle avait été pendue à Québec trois jours plus tard.  C'est alors que, conformément à la sentence, son corps fut transporté de l'autre côté du fleuve pour y être exhibé à la croisée des chemins.  Il y resta cinq semaines environ, avant d'être mis en terre.

La cage de la Corriveau, retrouvée l'an
passée au Peabody Essex Museum.
Photo: Journal de Québec.
Ce châtiment exemplaire, inusité en Grande-Bretagne et dans les colonies anglo-américaines, où il était réservé aux individus trouvés coupables des crimes les plus violents, et tout à fait inconnu au Canada sous le Régime français qui venait de tirer à sa fin, enflamma l'imagination populaire.  Inspiré par la découverte d'une cage en fer à proximité du cimetière de Lauzon vers 1850, vraisemblablement celle de La Corriveau, Philippe Aubert de Gaspé tira des traditions orales plusieurs pages de son célèbre roman, Les Anciens Canadiens.  D'autres, dont Louis Fréchette, James MacPherson Lemoine et William Kirby embellirent par la suite la légende, attribuant à La Corriveau une vie de débauche et multipliant le nombre de ses victimes.  Peu de faits divers coloniaux ont fait coulé autant d'encre.

On annonçait l'an passé la redécouverte de la cage de La Corriveau dans les collections du Peabody Essex Museum de Salem, Massachusetts, et son rapatriement imminent en prévision de la programmation anniversaire.  Ce souhait ne semble pas encore s'être concrétisé.  Le 18 avril 2013, le Musée des Ursulines de Québec et la Commission des champs de bataille nationaux organisaient tout de même une activité commémorative animée, "De l'histoire à la légende: Marie-Josephte Corriveau", faisant revivre les derniers moments du personnage, son procès, sa marche vers son lieu d'exécution, et rappellant son entrée dans l'imaginaire collectif.   À la Société historique de Saint-Romuald un cousin fort éloigné, Jean-Pierre Corriveau, donnait une conférence sur le sujet. Entre temps, sur la blogosphère anglophone, Brian Busby et Christopher Moore rappellaient eux aussi l'anniversaire de la pendaison.

P.-F.-X.













 

Wednesday, April 10, 2013

Treaty Watch: 1713-2013?

Anyone interested in marking the 300th anniversary, this week, of the Treaty of Utrecht?  So far, the lone voice in the desert has been Gregory Kennedy's.  Over at Active History, the Université de Moncton professor, who specializes in the history of colonial Acadia and the French Atlantic, makes an interesting case for the treaty getting its commemorative due.

Allegorie op de Vrede van Utrecht - Rastatt_Matteis
Allegory on the Peace of Utrecht-Rastatt, After Paolo de Matteis (1662-1728)
Oil on canvas.  Private collection, Hamburg
After eighteen months of negotiation, on 11 April 1713, diplomats from all over Europe concluded in the Dutch city of Utrecht a peace treaty which brought an end to the decade-long War of Spanish Succession.  This treaty had enormous consequences for the states involved, as well as for their overseas possessions.  To compensate for its war losses in the Old World, France was forced to make major concessions in the New.  The edges of New France were clipped, to the benefit of Great Britain. 

Hudson Bay's fur-rich drainage basin and lucrative trading posts, a theatre of war where the French had actually proved victorious, were relinquished.  France similarly abandoned its colonial claims to Newfoundland, though its fishermen would long retain certain access rights along the northern and western shores.  As usual, Acadia had shown  itself vulnerable, with its capital, Port Royal, falling in 1710 to a fleet launched from Boston.  By the terms agreed upon at Utrecht, Acadia was officially ceded to Britain.  Disputes relating to the boundaries of that territory allowed France to maintain a presence on its continental half (today's New Brunswick and northern Maine), but the Acadians, a majority of whom lived on its peninsular half (today's Nova Scotia), thereby became British subjects.  The Treaty of Utrecht was thus a prelude to the Acadian's expulsion, four decades later.  The loss of Acadia and Newfoundland was also crucial insofar as it ushered another momentous geopolitical development: the establishment of an outpost at Louisbourg, on Île Royale (Cape Breton Island), which would soon evolve into an imposing fortress and North America's fourth busiest port (after Boston, New York, and Philadelphia).

So who will be commemorating the Treaty of Utrecht?  Those of you who have guessed "not very many people" have guessed right!  On this side of the Atlantic, at least.  For back in the Old World, they are making quite a fuss about it.  The city of Utrecht, fourth largest in the Netherlands, is "celebrating" (their word) the treaty with a spectacular cultural programme.  To get a sense of the spirit in which Utrechters are commemorating the Vrede van Utrecht, have a look at this immensely amusing promotional video on Youtube.

In Utrecht a few cultural events have been leading up to the anniversary over the last few years, but the festivities will really begin on April 11th with concerts, theatre, and a grand fireworks display: a modern take on the celebrations which followed the signing of the treaty in 1713.  Among the offerings, the University of Utrecht will hold a series of three conferences, the second of which deals with "Colonial Legacy".  Legacies, that is, related to the Dutch colonial empire and the question of slavery: in 1713 the Dutch West Indies Company lost its asiento right, the right to export slaves into the Spanish colonies; 1863, another anniversary year, marked the abolition of slavery by the Dutch.  New France, understandably so but unfortunately for us New Francophiles, does not loom large in Utrechter minds.  Readers curious about the city's full commemorative offering can find its programme online.  Oh, to be young and in Utrecht in 2013!

Photo: Royal Dutch Mint.
To mark the occasion, the Netherlands' Royal Dutch Mint have launched three new coins, one gold, one silver and the other silver-plated.  The aim here is to pay tribute to not only the Treaty of Utrecht, but "to all peace which shapes the world".  Why not?  These coins have additional significance as they will be the last to bear the effigy of Queen Beatrix, who will abdicate later this month in favor of her eldest son.   I'm not a huge fan of the design, though, as it loses much of its clarity and eloquence in the scaling-down to coin size.

The Treaty of Utrecht will also be commemorated by a few communities on the Franco-Belgian border (Franco-Austrian until 1815, then Franco-Dutch until 1830), which in certain places has stood since 1713.  Chief among them is the town of Comines, which found itslef bisected between the two states but which over the centuries nevertheless managed to maintain a cordial cohesion in spite of the divide.  The Belgian paper L'Avenir has the story here, and the French La Voix du Nord here.

Not everyone's in such a celebratory mood about the boundaries established in by the Treaty of Utrecht, however.  Since it was on that occasion that Great Britain acquired Gibraltar, some are predicting that the 300th anniversary will result in a new round in the ongoing sovereignty dispute and a rise in tensions between Spain and the UK.  For more on that, see here and here.

I've yet to find a single word uttered in the Canadian or American media about the imminent anniversary...

P.-F.-X. 

Wednesday, March 27, 2013

Beardy and Moore on the Royal Proclamation

Back in February, Tom Peace over at Active History was urging Canadians to take the time to mark the anniversary of the Royal Proclamation of 1763.  I naturally jumped on the bandwagon.  Christopher Moore again blogs about the subject, revealing that Regional Chief Stan Beardy, head of the Chiefs of Ontario, has sent a three-page open letter to Prime Minister Stephen Harper about the Proclamation's anniversary, making a case for why it ought to be observed. 

"Canada would not be Canada without the Royal Proclamation of 1763." writes Beardy, "It baffles me why it is not being considered for commemoration, along with several other Canadian milestones.” 

Beardy's letter, dated March 18th, can be found here; a complementary statement released by the Chiefs of Ontario, here.   

P.-F.-X.

 

Wednesday, March 20, 2013

Le Traité de Paris sur Youtube

Je signalais, dans un billet en date du 24 janvier, la conférence-débat qui devait se tenir au Musée Pointe-à-Callière le 9 février.  Celle-ci a heureusement été filmée et difusée via Youtube.  Ceux qui n'ont pas pu y être en personne pourront ainsi voir Denis Vaugeois, Fred Anderson, Françoise Le Jeune et  Charles-Philippe Courtois débattre de la question.  Pour la première partie, voir ici; vous pourrez accéder aux trois suivantes dans la marge.

P.-F.-X.

Thursday, February 21, 2013

Fort Rouge's 275th

This year marks not only the 140th anniversary of Winnipeg's incorporation, but also -- as Bartley Kives of the Winnipeg Free Press put it -- "the 275th anniversary of the first white guys setting foot" there.


The 275th anniversary of explorer La Vérendrye's arrival at The Forks is this year. Michel Loiselle (front) and La Compagnie de la Vérendrye plan to celebrate the occasion.
The Compagnie de La Vérendryre, re-enacting the
expedition's arrival in Winnipeg. 
Photo: Ruth Bonneville, Winnipeg Free Press


In 1738, Pierre Gaultier de Varennes, sieur de La Vérendrye, paddled up the Rivière Rouge or Red River to the mouth of the Assiniboine.  While La Vérendrye and his sons pushed westward, Louis Damours de Louvières built a fur-trading post for him there which soon acquired the name of Fort Rouge.  This first post was abandonned within the decade and only briefly revived in the 1750s, but its site would in time become that of Fort Gibraltar, later renamed Fort Garry, which would evolve into the City of Winnipeg in 1873.

Kives's article in the Winnipeg Free Press provides a good overview of Fort Rouge's history.  He quotes a few local Francophones who point to the foundational significance of the event, but also Adele Perry, of the University of Manitoba, who offers a caveat.  Though La Vérendrye's arrival heightened the area's place within a broader colonial trade network, we should not attribute too much significance to it.  The forks of the Rouge and Assiniboine had served as a gathering place for indigenous people for some 6,000 years.  "People in this part of the world had an extraordinarily sophisticated system of trade that was continent-wide in reach," explained Perry.  But Europeans  kept better records.  "La Vérendrye has a place in popular memory because of those records, but it behooves us to be a little more searching," she said.

The Compagnie de La Vérendrye, a Winnipeg-based reenactment unit, has put together a very attractive web site on Fort Rouge's 275th anniversary.  The commemorative programme seems quite elaborate.

P.-F.-X.
 

Monday, February 11, 2013

Paris 1763 + Idle No More


Devinez à qui revient la palme de la plus vivante commémoration du Traité de 1763.  Dimanche, jour anniversaire du traité, une ou deux centaines de personne ont marché du square Phillips, au centre-ville de Montréal, jusqu'à la Place Royale, dans le Vieux-Montréal.

Idle No More au square Phillipps.  Photo : Occupy Canada.
 
Cette mobilisation s'inscrivait dans le cadre du mouvement Idle No More (ou en français : Fini l’inertie) et de l'opposition généralisée aux politiques fédérales conservatrices nuisibles aux intérêts de la population autochtone, telles que les lois omnibus C-45 et C-38.  L'invitation, lancée sur Facebook, donnait toutefois une saveur commémorative à l'événement : "Cette manifestation se veut pacifique, festive et familiale. Elle souligne également le 250ème anniversaire du Traité de Paris, qui a mené à la Proclamation Royale de 1763, qui reconnait les droits autochtones liés au territoire."   

Un bref article paru dans l'édition électronique de La Presse fait état de la manifestation et confirme que la perspective des organisateurs était de de rappeller le traité de 1763 et la "dégradation des relations" qu'a entraînée le transfert des terres revendiquées par les français à la couronne britannique (pour un article encore plus court dans Le Devoir, voir ici). 

P.-F.-X.